Du 15 au 20 juin 2026, une équipe d’Environnement et Changement Climatique Canada (ECCC), accompagnée de notre biologiste Marianne Valcourt, a séjourné au mont Provencher afin de baguer et de poser des émetteurs sur la grive de Bicknell. Cet oiseau de la même famille que le merle d’Amérique est désigné comme espèce vulnérable au Québec.
Au Québec, la répartition de la grive de Bicknell est limitée à un petit nombre d’endroits : au sud du Saint‑Laurent, on la retrouve surtout dans les Appalaches. Sur la rive nord, l’espèce est principalement observée dans la réserve faunique des Laurentides, Charlevoix et la région des monts Vallin[1]. À l’automne, l’espèce quitte le Québec pour ses aires d’hivernage, situées dans les Grandes Antilles. Les monts Uapishka représentent donc le secteur le plus nordique documenté pour cette espèce, une donnée précieuse pour mieux cerner son aire de répartition.
Cette découverte remonte à 2023, lorsque Marianne avait détecté l’espèce lors de travaux scientifiques au mont Provencher dans le cadre du programme de suivi socioécologique. La RBMU avait alors été mandatée pour installer des enregistreurs acoustiques afin de confirmer la présence de plusieurs individus, ce que les données ont officiellement validé en 2024.
Pour capturer les oiseaux et les baguer, l’équipe a misé sur la technique du filet japonais[2], combiné à la diffusion du chant de la grive pour attirer les individus à proximité. Même si la réussite de ce type de recherche dépend essentiellement de la météo et d’une bonne dose de chance, sept grives de Bicknell ont tout de même été capturées puis relâchées pendant le séjour.
Les émetteurs installés permettront désormais à ECCC de suivre les déplacements des individus qui nichent dans les monts Uapishka (Groulx), dont leur départ, leur passage migratoire et avec possiblement leur retour au printemps prochain.
Rappel : la manipulation des oiseaux pour le baguage et la pose d’émetteurs a été réalisée exclusivement par des professionnels formé·e·s à cette fin. Les oiseaux sauvages ne doivent jamais être touchés.
Ce projet est réalisé grâce au Fonds plein air 1% pour la planète et par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
[1] Selon la fiche des espèces fauniques du gouvernement du Québec – La grive de Bicknell.
[2] Le piégeage aux filets japonais serait la méthode la plus adaptable et répandue pour la capture des oiseaux sauvages de taille petite à moyenne. Un filet japonais suit un principe de base très simple ; un filet discret est monté verticalement sur des perches et est déployé dans des zones d’activités élevées afin de capturer les oiseaux lorsqu’ils s’occupent des activités quotidiennes. Source : site de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Techniques de capture d’oiseaux sauvages, p.47.
