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Le développement durable


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Chroniques en mouvement

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Repères historiques du concept du Développement durable

Voici quelques dates charnières et résumés des avancées du concept de développement durable :

 

1968 ­– Le Club de Rome

1972 – La parution de Halte à la croissance? Rapport sur les limites de la croissance

1972 – La Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain

1984 – La Commission mondiale de l’environnement et du développement (commission Brundtland)

1987 ­– La parution de Notre avenir à tous

1992 – Le Sommet de la Terre

­1992 – La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement

1992 – Le programme Action 21

2002 ­– Le Sommet mondial sur le développement durable

1968 ­– Le Club de Rome

Fondé en 1968, le Club de Rome est une organisation internationale non gouvernementale vouée à l’étude de problématiques d’envergure mondiale – politiques, sociales, culturelles, environnementales, technologiques… – dans une perspective globale, multidisciplinaire et à long terme. Il rassemble des scientifiques, des chercheurs, des professeurs, des gens d’affaires, des femmes et des hommes d’État de tous les continents, entre autres Mikhaïl Gorbachev, ex-président de l’URSS, et Rigoberta Menchú Tum, récipiendaire en 1992 du prix Nobel de la paix pour son travail pour la justice sociale et la reconnaissance des droits des peuples indigènes.

 

Au cours des années, le Club de Rome a produit un grand nombre de rapports, dont le premier, Halte à la croissance? Rapport sur les limites de la croissance (The Limits to Growth), publié en 1972, avait sensibilisé l’opinion mondiale aux limites écologiques de la croissance économique et démographique.

 

1972 – La parution de Halte à la croissance? Rapport sur les limites de la croissance

En 1972, le Club de Rome publiait le rapport Halte à la croissance? Rapport sur les limites de la croissance (The Limits to Growth), rédigé à sa demande par une équipe de chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Halte à la croissance? est l’un des tout premiers documents d’importance abordant le sujet des limites écologiques de la croissance économique et démographique à être publié. Il expose les résultats de simulations mathématiques menées sur l’évolution démographique et la croissance économique et les met en corrélation avec l’exploitation des ressources naturelles. Le rapport présente des projections jusqu’en 2100.

Le modèle de l’équipe du MIT a été conçu pour faire ressortir les liens unissant cinq problématiques d’intérêt planétaire :

  • L’accélération du processus d’industrialisation à l’échelle mondiale;
  • La croissance rapide de la population mondiale;
  • La malnutrition liée à la pauvreté;
  • La dépendance aux ressources naturelles non renouvelables et l’accélération de leur exploitation;
  • La dégradation de l’environnement.

En guise de conclusion principale, les chercheurs affirment que si les tendances observées en matière de croissance démographique et d’accélération des processus d’industrialisation se maintiennent, les limites écologiques de ce modèle seront atteintes au terme des 100 prochaines années (vers 2072), avec pour résultat un déclin rapide et incontrôlable de la population mondiale et de nos capacités de produire afin de combler nos besoins.

Aussi proposent-ils de substituer l’équilibre à la croissance en stabilisant l’activité économique et la croissance démographique. Les chercheurs du MIT présentent un modèle de développement qui n’est plus axé sur le progrès défini sous l’angle de la croissance – une croissance comprise comme une volonté d’accumulation infinie dans un monde où les ressources sont limitées – mais sur la compréhension du concept de progrès en tant qu’amélioration de notre aptitude à assurer le mieux-être du genre humain dans le respect des équilibres écologiques qui entretiennent la vie.

Au-delà de la controverse suscitée par les conclusions présentées dans Halte à la croissance?, des conclusions de nature à ne laisser personne indifférent, ce rapport est l’une des premières avancées vers la définition des fondements d’un mode de développement que l’on qualifie aujourd’hui de durable.

 

1972 – La Conférence des Nations Unies sur l’environnement humain

La Conférence des Nations unies sur l’environnement humain a eu lieu à l’été 1972 à Stockholm, en Suède. Probablement pour la toute première fois, des questions d’ordre écologique ont été ajoutées aux préoccupations internationales. L’un des principaux résultats de cette rencontre historique a été l’adoption par les participants d’une déclaration de principes et d’un plan d’action pour lutter contre la pollution.

C’est à l’issue de cette rencontre que le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a été fondé. Au même moment, le Club de Rome publiait le rapport intitulé Halte à la croissance? Rapport sur les limites de la croissance.

 

1984 ­– La Commission mondiale de l’environnement et du développement (commission Brundtland)

En 1984, l’Assemblée générale des Nations Unies confie à madame Gro Harlem Brundtland, alors première ministre de la Norvège, la mission de former et de présider la Commission mondiale de l’environnement et du développement, aujourd’hui connue pour avoir promu les valeurs et les principes du développement durable.

Principalement, la Commission s’est vu confier la mission de recommander à la communauté internationale des moyens pour préserver l’environnement grâce à une meilleure coopération entre les nations en voie de développement et les pays dits développés, tout en prenant en considération les relations existant entre les peuples, les ressources, l’environnement et le développement. Les travaux de la Commission devaient permettre de dresser un portrait des questions environnementales mondiales et, enfin, conduire à l’élaboration d’un programme d’action définissant les objectifs de la communauté internationale en matière de développement et de protection de l’environnement.

Au terme des travaux de la Commission, Mme Brundtland dira de cette mission:

« […] certaines personnes souhaitèrent que cette enquête soit limitée aux “problèmes de l’environnement”. Ce qui aurait été une grave erreur. L’environnement ne peut être séparé des actions, des ambitions et des besoins de la personne humaine. Toute tentative de le faire en l’isolant des problèmes de l’humanité a donné au mot même d’environnement une connotation de naïveté dans certains cercles politiques. […] Mais, attention, l’environnement est le lieu où chacun de nous vit et le développement est ce que nous essayons de faire pour améliorer notre sort à l’intérieur de ce même lieu. Les deux sont inséparables. » (Gro Harlem Brundtland, « Avant-propos », Notre avenir à tous, 1987)

Fait important, les travaux de la Commission mondiale de l’environnement et du développement ont été marqués par deux catastrophes environnementales et humanitaires majeures qui font aujourd’hui partie de l’histoire de l’humanité : la catastrophe survenue à Bhopal, en Inde (1984), provoquée par une fuite de gaz toxique dans une usine de pesticides qui a causé la mort de milliers de personnes et blessé des centaines de milliers d’autres, de même que l’explosion d’un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine (1986). Les retombées radioactives consécutives à cet accident ont eu, et auront pour plusieurs années encore, des effets néfastes sur la santé des populations et sur celle des écosystèmes touchés.

Les travaux de la Commission ont conduit à la publication, en 1987, d’un rapport intitulé Notre avenir à tous, également appelé rapport Brundtland.

 

1987 – La parution de Notre avenir à tous

Au terme de ses travaux, la Commission mondiale de l’environnement et du développement avait produit un rapport intitulé Notre avenir à tous, traduction française de Our Common Future (1987). Communément appelé rapport Brundtland, du nom de la présidente de la Commission, la norvégienne Gro Harlem Brundtland, ce rapport popularisera l’usage de l’expression développement durable et sa définition.

Notre avenir à tous est un programme global de changement qui expose les liens entre une croissance économique sans limites, l’usage inconséquent des ressources naturelles, la pauvreté et la dégradation de l’environnement. Dans la lignée du rapport publié par le Club de Rome en 1972, Halte à la croissance? Rapport sur les limites de la croissance, Notre avenir à tous définit les problématiques d’envergure planétaire compromettant la santé et la sécurité de l’humanité et, plus fondamentalement, les équilibres écologiques dont dépend la vie. Ce document fixe également des objectifs généraux pour inverser cette tendance. Essentiellement, Notre avenir à tous affirme la capacité de l’humanité à changer le cours de l’histoire en empruntant une nouvelle voie de développement qui serait, cette fois, durable.

La traduction française de Our Common Future (Notre avenir à tous) a été publiée par la maison d’édition québécoise Les Éditions du Fleuve, en 1988, avec le soutien du ministère de l’Environnement du Québec (devenu depuis 2005 le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs). Il est intéressant de noter qu’on y traduit l’expression sustainable development par développement soutenable et non par développement durable, un choix fait par l’équipe de linguistes et de traducteurs du Center for Our Common Future de Genève chargée de la traduction française du document. Mais avec le temps, c’est l’expression développement durable qui a prévalu dans le langage courant.

En 2005, les Éditions Lambda Alternatives ont réédité le rapport.

 

1992 – Le Sommet de la Terre

C’est à Rio de Janeiro au Brésil que s’est déroulé le Sommet de la Terre, aussi appelé Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED). Les participants avaient alors défini les principes fondamentaux et établi le programme d’action, nommé Action 21, sur lequel se fondent aujourd’hui de nombreuses initiatives en faveur du développement durable.

Rassemblant près de 200 représentants de gouvernements, et un grand nombre d’organisations non gouvernementales (ONG), le Sommet de la Terre a donné naissance à la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, un document capital dans l’affirmation d’un engagement à l’échelle internationale envers les principes du développement durable.

D’autres textes ont été adoptés lors de cette rencontre :

  • La Convention sur la diversité biologique;
  • La Convention-cadre sur les changements climatiques (et son corollaire, le protocole de Kyoto);
  • La Convention sur la lutte contre la désertification;
  • La Déclaration sur la gestion, la conservation et le développement durable des forêts.

À la suite de ce sommet, des institutions internationales ont été constituées pour que se concrétisent les engagements pris par les nations présentes. Parmi ces institutions, la Commission du développement durable des Nations Unies assure depuis 1992 la promotion des principes et des pratiques associées au développement durable au niveau international.

 

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement

Par la Déclaration de Rio, les pays signataires ont convenu que la protection de l’environnement de même que le développement social et économique sont fondamentaux pour atteindre un développement qui soit durable. Cette déclaration marque une étape importante dans l’établissement de priorités au niveau international en matière de développement durable.

 

Le programme Action 21

Action 21 est un programme d’intervention destiné à traduire dans les faits les principes inscrits dans la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement. Action 21 aborde des problèmes planétaires de premier ordre. Ceux-ci sont regroupés sous 39 thèmes qui touchent le développement social et économique, la protection de l’environnement, la gestion des ressources, la participation de la société civile au processus décisionnel et les moyens de mise en œuvre d’un développement durable. Adopté par 179 nations, ce programme constitue un document de référence d’envergure mondiale.

 

2002 – Le Sommet mondial sur le développement durable

En 2002, le Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en Afrique du Sud a été l’occasion pour les participants de renouveler leur engagement envers les principes définis dans la Déclaration de Rio et les objectifs du programme Action 21, et aussi de progresser dans ce sens en donnant la priorité à certaines cibles. Parmi celles-ci, il y a l’élimination de la pauvreté, la modification des modes de consommation et de production non viables, et la protection et la gestion des ressources naturelles. Les participants ont également abordé le thème de la mondialisation et les liens unissant les questions de la santé et du développement. Fait notable, les représentants de gouvernement présents se sont engagés à élaborer des stratégies nationales de développement durable pour les mettre en œuvre avant l’année 2005. Depuis 2002, certains États, des organisations internationales et des communautés ont adopté et mis en œuvre des stratégies, des plans d’action et des programmes qui découlent des orientations qui avaient été précisées lors de cette rencontre. Le Québec est l’un d’entre eux.

 

Tiré du site du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec, http://www.mddep.gouv.qc.ca/developpement/reperes.htm#1987.
 

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